Il est tout à fait correct de se plaindre de la lenteur du service de transport. Le métro est en retard, donc on est en retard au travail, on perd 5-10 minutes de notre précieux temps rémunéré, on perd la face pour notre patron qui nous achète pour un service rendu qui le bénéficie beaucoup plus que nous-même; alors on se fâche. Okay.
Il est tout à fait acceptable de se plaindre que notre musicien préféré sort un nouveau disque qui n’est pas du même style que ses précédents; parce que quand on achète un nouveau disque, on veut ce à quoi on s’attend; on ne veut pas de découverte, pas de surprise; on ne veut surtout pas faire travailler notre cerveau pour comprendre un nouvel enchainement harmonique. Ben trop difficile.
Il est socialement acceptable de chialer sur un jeu vidéo qui ne satisfait pas nos attentes. Ah, tiens, le serveur de Diablo 3 ne fonctionne pas pendant 2 heures; on rempli alors le forum officiel de Blizzard avec des plaintes telles que “j’ai payé pour ce jeu là, je veux y jouer, espèce de compagnie de marde”. C’est aussi tout à fait correct d’organiser une manifestation contre EA parce que la fin de Mass Effect 3 n’est pas ce à quoi les fans s’attendaient. C’est beau, c’est bien.
La compagnie pour laquelle on travaille décide de reculer le début des quarts de travail, passant de 9AM à 7h30AM; on se plaint parce qu’il faut se lever tôt. C’est difficile, la vie.
Brad et Angelina se sont encore chicané. C’est triste.
Notre équipe de hockey n’a encore pas gagné la coupe stanley. Ah ben criss, c’est la fin du monde.
Y’a un embouteillage su’l pont. Barnak, une autre heure de ma vie perdue.
Y pleut dehors. Caliss, la vie va mal.
Tout ça, c’est bien beau. Tout ça, c’est normal.
Mais quand vient le temps de se lever pour le bien commun, de se battre pour la nation, de vouloir faire tomber les exploiteurs pour aider les exploités; quand vient le temps de se battre pour la culture d’un peuple en voie de disparition, quand on se bat pour l’image de la femme, pour l’éducation, pour une qualité de vie globalement meilleure…
On dérange.
Viens donc m’expliquer la logique à l’intérieur de ta petite tête. Viens donc me dire combien tes sacres incohérents sur l’état de la série de la ligue de hockey ou ben le temps que tu ne peux pas passer à jouer à Diablo serait plus important que le bien-être commun. Essaie donc de me convaincre que ton esti de gros derrière sale écrasé sur ses convictions imposées par un système capitaliste basé sur l’exploitation et le mensonge est plus malin que ceux qui se lèvent et essaient d’améliorer le monde dans lequel ils sont nés malgré eux…
C’est facile d’adhérer. “C’est comme ça, c’est comme ça. Kessé tu veux faire?”
Il est déplorable de voir jusqu’à quel point les gens peuvent aller jusqu’à se battre pour ceux qui les oppressent et contre ceux qui veulent les aider… et si on gagne, si les exploiteurs endimanchés tombent, même ceux qui se battaient en leurs noms vont en bénéficier.
Si j’étais premier ministre, j’augmenterais de 75% les taxes sur tous les produits de marketing de masse. Je serais curieux de voir les réactions; est-ce que les partisans du système se lèveraient à leur tour; à coup de 300,000 dans les rues? “Free TV! Free makeup! Free 4/4 beat music!”.
Eh oui, je sais; je suis fâché et j’en fâche. D’aimer la télévision, le makeup et le beat ne fait de personne une mauvaise personne. Mais ce sont des limites, de faux besoins, des dépendances exigées par un système oppressant… et c’est facile d’adhérer.

Il est tout à fait correct de se plaindre de la lenteur du service de transport. Le métro est en retard, donc on est en retard au travail, on perd 5-10 minutes de notre précieux temps rémunéré, on perd la face pour notre patron qui nous achète pour un service rendu qui le bénéficie beaucoup plus que nous-même; alors on se fâche. Okay.

Il est tout à fait acceptable de se plaindre que notre musicien préféré sort un nouveau disque qui n’est pas du même style que ses précédents; parce que quand on achète un nouveau disque, on veut ce à quoi on s’attend; on ne veut pas de découverte, pas de surprise; on ne veut surtout pas faire travailler notre cerveau pour comprendre un nouvel enchainement harmonique. Ben trop difficile.

Il est socialement acceptable de chialer sur un jeu vidéo qui ne satisfait pas nos attentes. Ah, tiens, le serveur de Diablo 3 ne fonctionne pas pendant 2 heures; on rempli alors le forum officiel de Blizzard avec des plaintes telles que “j’ai payé pour ce jeu là, je veux y jouer, espèce de compagnie de marde”. C’est aussi tout à fait correct d’organiser une manifestation contre EA parce que la fin de Mass Effect 3 n’est pas ce à quoi les fans s’attendaient. C’est beau, c’est bien.

La compagnie pour laquelle on travaille décide de reculer le début des quarts de travail, passant de 9AM à 7h30AM; on se plaint parce qu’il faut se lever tôt. C’est difficile, la vie.

Brad et Angelina se sont encore chicané. C’est triste.

Notre équipe de hockey n’a encore pas gagné la coupe stanley. Ah ben criss, c’est la fin du monde.

Y’a un embouteillage su’l pont. Barnak, une autre heure de ma vie perdue.

Y pleut dehors. Caliss, la vie va mal.

Tout ça, c’est bien beau. Tout ça, c’est normal.

Mais quand vient le temps de se lever pour le bien commun, de se battre pour la nation, de vouloir faire tomber les exploiteurs pour aider les exploités; quand vient le temps de se battre pour la culture d’un peuple en voie de disparition, quand on se bat pour l’image de la femme, pour l’éducation, pour une qualité de vie globalement meilleure…

On dérange.

Viens donc m’expliquer la logique à l’intérieur de ta petite tête. Viens donc me dire combien tes sacres incohérents sur l’état de la série de la ligue de hockey ou ben le temps que tu ne peux pas passer à jouer à Diablo serait plus important que le bien-être commun. Essaie donc de me convaincre que ton esti de gros derrière sale écrasé sur ses convictions imposées par un système capitaliste basé sur l’exploitation et le mensonge est plus malin que ceux qui se lèvent et essaient d’améliorer le monde dans lequel ils sont nés malgré eux…

C’est facile d’adhérer. “C’est comme ça, c’est comme ça. Kessé tu veux faire?”

Il est déplorable de voir jusqu’à quel point les gens peuvent aller jusqu’à se battre pour ceux qui les oppressent et contre ceux qui veulent les aider… et si on gagne, si les exploiteurs endimanchés tombent, même ceux qui se battaient en leurs noms vont en bénéficier.

Si j’étais premier ministre, j’augmenterais de 75% les taxes sur tous les produits de marketing de masse. Je serais curieux de voir les réactions; est-ce que les partisans du système se lèveraient à leur tour; à coup de 300,000 dans les rues? “Free TV! Free makeup! Free 4/4 beat music!”.

Eh oui, je sais; je suis fâché et j’en fâche. D’aimer la télévision, le makeup et le beat ne fait de personne une mauvaise personne. Mais ce sont des limites, de faux besoins, des dépendances exigées par un système oppressant… et c’est facile d’adhérer.

Parce que mon blog doit bien porter son nom

Je suis las.

Je suis las de n’être considéré que comme un acheteur potentiel.

Je suis las d’être une source de revenus.

Je suis las que l’on apprend à compter l’argent mais que les gens ne comptent plus.

Je suis las de ma ville tapissée de publicités sexistes et dénaturées.

Je suis las des fausses statistiques imprimées sur des sources de nouvelles inventées.

Je suis las des opinions imposées, des incohérences contagieuses.

Je suis las des pages pleines sur lesquelles on ne peut poser mine.

Je suis las des ambitions génériques, de ces “quand je serai grand, je serai”, de l’absence de “maintenant, je suis”.

Je suis las de ces crèmes que l’on nous dit être beauté et de ces sports que l’on nous dit être mâle à des fins purement lucratives.

Je suis las de ces femmes qui n’ont rien d’humain, du désir d’être quelqu’un d’autre.

Je suis las de payer pour en voir d’autres vivre des vies parfaites à travers la fenêtre.

Je suis las qu’il est correct d’envoyer chier quelqu’un sur clavier mais incorrect de dire bonjour à un étranger dans la rue.

Je suis las des paires de seins qui vendent leurs fausses voix pour des millions, pendant que d’autres aspirent à, un jour, avoir la même.

Je suis las des guitares vues comme des instruments à attirer le sexe.

Je suis las des musiciens francophones qui s’obstinent à écrire en anglais sous prétexte que leur langue ne sonne pas bien.

Je suis las de voir mon pays vendu pour de petits profits.

Je suis las de me battre contre les miens.

Je suis las des audis, des mercedes, des bentleys.

Je suis las des pertes constantes des “Canadiens de Montréal” ironiquement plus critiquées que les pertes constantes des canadiens du Canada.

Je suis las des “I love Montreal” fabriqués en Chine.

Je suis las des conservateurs qui ne savent conserver que leur obstination à dépenser dans l’armement et à baiser la reine.

Je suis las des libéraux qui nous emprisonnent.

Je suis las des contradictions.

J’ai grandi en étant persuadé que les guerres, c’était du passé, ou au moins, qu’elles étaient ailleurs. Aujourd’hui, la guerre est chez nous, elle est dans les rues de ma ville dans les coeurs de ceux qui croient en un meilleur avenir, et de ceux qui, comme moi, commencent sérieusement à douter de la qualité de l’Homme. On se fait marcher dessus, on se fait voler, on se fait mentir; on se fait violer notre image, notre estime de nous-mêmes; on se fait détruire notre cours arrière pour construire des centres d’achat, ou plutôt des centres de ventes de cochonneries fabriquées ailleurs par des enfants exploités. Mais on s’en caliss. On s’en caliss parce qu’on a nos télés réalités qui nous montrent du monde pires que nous, on s’en caliss parce qu’on est capable de mordre à pleines dents dans des hamburgers faits avec dieu seul sait quoi, on s’en caliss parce qu’on a notre iphone qui nous offre n’importe quelle connerie à n’importe quel moment de la journée, parce qu’on a nos superhéros riches blancs et beaux qui sauvent le monde au cinéma, parce qu’on a nos mp3 de mauvaise qualité qui nous sortent des mélodies générées par ordinateurs et chantées par personne; toute cette musique qu’on écoute avec nos yeux pour mieux se fendre en deux quand on s’écoute dans le miroir. Le psychologue va te dire de travailler sur toi-même, que le mal est à l’intérieur. Le psychiatre va te prescrire des pilules miracles qui te feront oublier la merde dans laquelle tu es né. Et les deux se feront un plaisir de te surcharger pour le service qu’ils te rendent; celui du déni et de l’ignorance.

"Je vis dans un monde où ce qui est gratuit est ce que l’on détruit pour le posséder."
- Daniel Bélanger

Je suis là, et je suis las d’y être.